Situation des mineures

Les enfants dans le travail du sexe

Le phénomène des mineures dans le travail du sexe est en augmentation au Mali comme dans les pays limitrophes. Les raisons en sont principalement la pauvreté, le manque d'accès à l'éducation, l'absence d'autres possibilités de gagner de quoi vivre. Ce sont des enfants vivant dans une situation de précarité économique ; des enfants issus de grandes familles pauvres, monoparentales, en situation de tutorat, orphelines et des enfants en rupture avec la famille.
Les mariages précoces et forcés, les conflits armés et la guerre civile qui entra馬ent des déplacements massifs de populations vers les zones urbaines, sont des causes qui s'ajoutent à cette situation.

On trouve ces mineures dans les quartiers populaires, périphériques ou périurbains, dans les bars, les restaurants aux abords des grandes artères, dans les gares routières et ferroviaires, dans les marchés, les abords des salles de cinémas.

L'enquête démographique et de santé1999-2003 (EDS III) révèle la précocité de la sexualité au Mali (9 à 11 ans pour la fille ; 13 à 14 ans pour le garçon). Ces tranches d'âge varient selon le milieu de vie et l'éducation reçue par l'enfant.

Les facteurs qui favorisent l'évolution du phénomène sont

Au plan social:

  • le déséquilibre familial (divorce, décès du père ou de la mère, situation de précarité économique de la famille, conflits de génération).
  • l'effritement des structures communautaires (rupture de la cha馬e de solidarité et de la grande famille).

Au plan culturel:

  • la migration vers les grandes villes (existence d'un autre modèle d'identification, attrait de la grande ville).
  • l'influence des média.

Au plan économique:

  • l'attrait de la monnaie ; le besoin d'argent pour acheter le trousseau de mariage, payer l'impÔt de son père, faire vivre ses frères et sマurs.
  • la recherche d'emploi en ville et surtout du cÔté de la petite fille qui est beaucoup plus utilisée pour le commerce de consommables ou comme domestique, sont tant de facteurs qui l'expose aux abus sexuels.
  • la dépendance économique ajoutée au manque d'occupation sont des facteurs qui exposent la petite fille aux abus sexuels.

L'ampleur de l'exposition des enfants aux abus sexuels est fonction du degré de la misère des populations et de la volonté des autorités administratives et politiques de protéger les enfants. Elle est aussi fonction de l'environnement politique, social et économique des pays voisins.

Problèmes de santé liés au phénomène

  • les rapports sexuels non protégés entra馬ant les infections sexuellement transmissibles et le VIH/SIDA.
  • les grossesses non désirées entra馬ant des avortements périlleux ou suicides, des infanticides ou abandon d'enfants. En définitive, les avortements périlleux et ou les complications dues à l'immaturité physiologique de la fille entra馬ent de graves conséquences (stérilité, décès).
  • Les conséquences sur l'état psychologique et la situation sociale de a mineure dans le travail du sexe n'ont pas encore été assez étudiées.

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L'ACTION

Difficultés auxquelles se heurtent les intervenants

  • manque de plan d'action nationale.
  • manque de coordination entre les intervenants.
  • manque de sanction contre les acteurs de victimes d'abus sexuels.

En recherche d'une approche réaliste

  • Les enfants qui exercent le travail sexuel ne peuvent pas être traités de la même façon que les adultes, mais ils n'existent pas des approches clairement définies en face de ce phénomène.
  • Ces mineurs ne doivent pas être exclus par les projets - des prestations comme la sensibilisation et l'accès aux services sanitaires - sous prétexte qu'ils ne devraient pas faire le travail sexuel.
  • Peut-être il n'est pas possible de définir une stratégie adaptée à tous les mineurs. L'approche vis-à-vis des enfants de 12 ans n'est pas nécessairement la même que les démarches à entreprendre pour une jeune de 16 ans.

La Prévention

Pour prévenir la petite fille du travail sexuel, il est nécessaire de promouvoir les droits des enfants par les structures étatiques, les ONG, les associations et les institutions internationales impliquées dans le processus de défense des droits des enfants.
Il nécessite aussi de renforcer l'éducation de base dans les familles et à l'école; à organiser de séances d'échanges et de représentations théâtrales, ou encore de séances de témoignages sur le phénomène dans les quartiers, les écoles à la radio.
Il faudrait élargir en même temps le champ d'activité des ONG en matière d'information et de la sensibilisation sur les infections sexuellement transmissibles et le VIH/Sida.
L'implication des radios de proximité dans la diffusion des messages de prévention du travail du sexe de la petite fille qui ne va pas à l'école à qui a été vite déscolarisée, est très importante.
Il faudrait créer et renforcer des centres de formations professionnelles, dans lesquels les filles pourront apprendre des activités professionnelles. Il s'agit aussi de faciliter l'accès et l'orientation de la petite fille vers les centres de santé. Pour les adolescentes, il serait nécessaire de développer en leur direction des informations sur la santé de la reproduction. L'éducation sexuelle doit être vulgarisée pour favoriser l'émergence d'attitude raisonnée de la part de la fille face aux questions de sexes.

L'assistance clinique

Pour l'assistance clinique, il s'agit d'assurer les consultations médicales dans les centres spécialisés, ainsi que les centres de santé de proximité. Il s'agit aussi d'apporter un appui en matière d'achat de médicament et aussi de prodiguer des conseils aux filles malades dans le travail du sexe, dans le sens de leur reconversion dans d'autres activités socio-économiques.

Insertion sociale et professionnelle

Cette action d'insertion sociale et professionnelle provient après une prise de conscience de la fille dans le travail du sexe et doit faire l'objet d'accompagnement. C'est à dire le développement par la fille de compétence la permettant de s'épanouir socialement et économiquement à travers une activité socioprofessionnelle. Pour se faire, la jeune fille pourra apprendre des métiers (coutures, teinture, savonnerie, petit commerce).
Tout cela passe par l'encouragement des filles ayant fait l'objet d'insertion sociale et professionnelle à créer des GIE, tout en les orientant vers les structures d'épargne et de crédit.

Assistance juridique

Un plan d'action doit permettre aux décideurs de renforcer les textes et lois en faveur des enfants (conventions et lois nationales). Une application rigoureuse des conventions traitées et lois en faveur des enfants doit être faite dans notre pays.
Aussi l'importance de la dénonciation des personnes qui exploitent sexuellement la petite fille ne fait l'ombre d'aucun doute.

LAKANA SO et DANAYA SO ont crée un réseau traitant cette problématique en novembre 2005. Le réseau aura pour objectif de définir une stratégie d'appui aux filles mineures qui exercent le travail du sexe.

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