Le travail du sexe au Mali

Contexte

Le Mali se situe en Afrique de l'Ouest sur une surface de 1'240'190 km2. Il est considéré comme un des pays les plus pauvres du monde. Avec une population d'environ 13 millions, le revenu par tte d'habitant est estimé à environ 500 par an. Les indicateurs de population montrent un taux de fertilité très haut, de mme vont les chiffres de la mortalité infantile et maternelle. Plus de 70% de la population habite en zones rurales où les routes, les écoles et les centres de santé sont rares.
La capitale Bamako est composée de 50 quartiers. Sa population est estimée aujourd'hui à environ un million. La ville est caractérisée par une forte extension anarchique. La situation sociale et économique, ainsi que les périodes de sécheresse, ont favorisé l'exode rural vers les villes, principalement vers Bamako. Beaucoup d'hommes ont émigrés vers les régions situées au sud, afin d'y trouver du travail. Abandonnées à elles seules et très souvent en charge de beaucoup d'enfants ou désorientées par le manque de travail de leur mari, désemparées, divorcées ou veuves, beaucoup de femmes n'ont souvent pas le choix. Le travail du sexe est une activité qui les aide à survivre dans des conditions difficiles. Pourtant, le monde du travail du sexe est rude et rarement prometteur ou rentable. Celles qui y vivent ont peu de possibilités de se défendre face aux clients et aux autorités policières, voire judiciaires. L'accès aux consultations médicales n'est pas facile et l'entretien des enfants pose un grand problème.

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Le travail du sexe et la garde des enfants

Le travail du sexe est une activité qui fait vivre beaucoup de femmes et leurs enfants à Bamako. En plus du caractère difficile de sa pratique, elle est une activité très préjudiciable à l'avenir des enfants de beaucoup d'entre ces femmes. La majorité des femmes libres associées aux activités de LAKANA SO, sont mères de quatre enfants en moyenne.
Les plus âgées d'entre elles, ayant dépassées les 50 ans et très éprouvées par le métier, assurent la garde des enfants des plus jeunes femmes libres qui changent de quartiers ou qui ont voyagé à l'intérieur du Mali ou dans les pays limitrophes, ou sont handicapées pour raison de maladie (très généralement le Sida). Les lieux d'habitation de ces femmes, de la catégorie socio professionnelle très pauvre, sont les quartiers périphériques.
D'autres enfants vivent avec leurs mères dans les maisons closes.
Le problème de paternité des enfants de ces femmes se pose avec acuité. Le plus souvent les enfants sont difficilement acceptés dans l'une des deux familles. Dans bon nombre de cas, la famille du père n'est pas déterminée. Ainsi, la mère doit s'atteler et à l'allaitement et à l'encadrement de l'enfant en fonction de son "temps de travail". Le bébé est soit confié à une connaissance, une bonne ou une vieille femme libre moyennant une somme forfaitaire.
Ces enfants manquent de suivi en matière de santé, d'affection parentale, d'encadrement, d'éducation et de formation. Ils courent le risque majeur de marginalisation et d'exclusion. Les cas les plus dramatiques sont ceux de ces enfants dont les mères vivent avec le VIH ou qui sont malades du Sida.

Les femmes libres au Mali sont pour la plus part des veuves, des femmes divorcées, des filles répudiées par leur famille, des filles issues de familles monoparentales, des migrantes qui ont échoué dans les villes, des vendeuses ambulantes, des déscolarisées de l'enseignement de base, ne possédant aucune connaissance leur permettant de suivre une formation professionnelle de qualité, des élèves et étudiantes. Pratiquement l'ensemble des femmes libres se recrute parmi des groupes sociaux pauvres économiquement.
Leur souci fondamental est d'avoir régulièrement une bonne santé pour l'exercice de leur métier et pour s'assurer le minimum pour leur survie et celle de leurs enfants rejetés régulièrement par des pères qu'ils n'ont jamais connus.
Dans certains pays des dispositions législatives ont été prises pour canaliser, encadrer le phénomène. Mais au Mali le métier reste tout simplement toléré.
L'ensemble de ces femmes libres de DANAYA SO se regroupe en deux catégories fondamentales tant à Bamako et dans les régions. On distingue:

Les femmes libres clandestines sont généralement des maliennes. Leurs domiciles de prédilection pour leur travail sont dans les quartiers périphériques de villes, les chambres d'hôtel, les maisons de passes. Elles sont généralement des soutiens de familles.
Elles constituent une catégorie de femmes libres en progression aujourd'hui avec la prolifération au Mali des chambres de passes. Elles ne se reconnaissent pas toujours femmes libres.

Les femmes libres des maisons closes sont généralement des étrangères venues de pays anglophones et limitrophes du pays, on y trouve aussi quelques maliennes provenant des campagnes du pays.
Les étrangères notamment anglophones sont souvent des victimes de certains individus qui leur font des promesses de voyages sur l'Europe ou les Etats Unis d'Amérique en passant par le Mali. Arrivées là où elles ne devraient faire qu'une escale, elles se voient contrainte au travail du sexe par leur tuteur qui leur enlève tous les documents de voyage.
Aussi, en plus des problèmes de santé et des problèmes économiques que connaissent les clandestines, certaines d'entre elles vivent avec la peur des autorités parce qu'elles sont en situation irrégulière au Mali, si elles ne se font pas enregistrer.

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